Qui dit mois de Septembre dit rentrée scolaire… 🙂
Source d’engouement pour certains ou d’angoisse pour d’autres, en mettant les enfants et adolescents à l’honneur, cette période constitue aussi l’occasion de dresser un bilan sur la protection de la vie privée des mineurs, à fortiori dans un monde de plus en plus connecté.

Des jeunes de plus en plus connectés

3h30 pour les plus jeunes (1-6 ans), 5h30 chez les 7-12 ans et 13h30 chez les 13-19 ans… Voici le temps hebdomadaire moyen passé à naviguer sur la Toile chez les jeunes.
Des enfants et ados de plus en plus adeptes du web qu’ils savent employer pour de multiples usages (jeux, sites éducatifs, réseaux sociaux, journaux en ligne etc.) et via différents supports (ordinateurs, consoles, smartphones, tablettes)…
Ainsi 29 % des 7-12 ans possèderaient aujourd’hui une tablette et 73,3% une console de jeu.

Avec un taux d’équipement en appareils connectés et des durées de connexion en constante augmentation, les messages, commentaires et informations personnelles transmises par ces jeunes usagers se font eux aussi de plus en plus nombreux. Une tendance qui suscite la curiosité, l’intérêt et l’inquiétude des parents, enseignants ou professionnels de ces nouvelles technologies.

C’est pourquoi la CNIL ainsi que 18 autres autorités compétentes en matière de protection des données personnelles ont mené une enquête évaluant différents sites web destinés et visités par les jeunes internautes. L’objectif étant de juger du respect ou non des règles de protection de la vie privée sur ces sites, en répondant à 3 grandes interrogations :

  • Quel type des données les sites collectent-ils ?
  • L’information relative à la collecte des données à caractère personnel est-elle adaptée et compréhensible auprès des jeunes usagers ?
  • Quelles sont les mesures de vigilance appliquées au vu de leur jeune âge ?

Des données collectées via divers moyens

Les résultats de cet audit on mené aux conclusions suivantes :
La plupart des sites analysés (87%) procèdent à une large collecte de données personnelles (avec en tête l’adresse e-mail puis le pseudo et la date de naissance, voir schéma ci-dessous) via notamment la création (obligatoire) d’un compte sur leur plateforme, mais pas seulement.
En effet, de nombreuses applications mobile récoltent également une grande variété d’informations stockées sur le téléphone en demandant l’accès à ces dernières au moment de l’installation.

Citons par exemple Spotify dont la nouvelle politique de confidentialité jugée trop intrusive a fait frémir plus d’un utilisateur en nécessitant l’accès aux contacts, photos ou fichiers multimédias présents sur le mobile. Le comportement en ligne des (jeunes) internautes fait quant à lui l’objet d’une analyse minutieuse (partages, retweets et likes sur les réseaux sociaux, cookies de navigation) permettant à la plate-forme de déduire par exemple ses centres d’intérêt, son âge ou encore sa catégorie sociale.

Schéma-sites-visités-par-enfants

Source : http://www.cnil.fr/linstitution/actualite/article/article/comment-accompagner-votre-enfant-pour-un-usage-dinternet-plus-sur/

Défaut d’information et manque de vigilance

Si 71% des sites analysés indiquent une mention informative relative aux droits Informatique et Libertés, seulement un tiers (33%) d’entre eux adapte cette information au public-cible, c’est-à-dire les jeunes usagers.
L’enquête a par ailleurs révélé qu’à peine 39% des sites évalués ne propose pas à ses usagers une façon simple de supprimer leur compte.

Enfin, la plupart (62%) de ces plateformes ne disposent d’aucune mesure de vigilance quant à la collecte et l’exploitation des données personnelles de leurs jeunes usagers : message de sensibilisation, accord préalable des parents, mesure de vérification de l’âge, tableau de contrôle parental…dans beaucoup de cas, seule une cache à cocher fait office d’accord parental préalable sans réelles indications et seuls 13 % des sites analysés proposeraient au moins deux mesures de vigilance.

La réponse de la CNIL

Face à ce constat, la CNIL interviendra de nouveau comme agent informatif:

  • En publiant deux fiches pratiques destinées aux éditeurs et aux parents pour une meilleure protection de la vie privée en ligne des plus jeunes
  • En rappelant aux éditeurs de sites pour enfants leurs obligations vis à vis du traitement des données personnelles, et d’engager des mesures de sanctions si nécessaire.
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